Peu à peu, les réseaux sociaux ont gagné ma vie, depuis l'ouverture de mon compte personnel sur Facebook il y a bientôt trois ans, jusqu'à la publication de cette note sur le blog d'Act One aujourd'hui. Comme les emails lorsque j'étais étudiant, ou la téléphonie mobile lorsque j'ai commencé à travailler, ils changent ma vie et stimulent à la fois ma curiosité et ma réflexion en m'ouvrant de nouveaux horizons.
Or il est troublant de constater que les questions soulevées autour de moi par ces nouveaux outils de communication soient si proches de celles qui se posaient déjà alors. Et au-delà des incompréhensions et des peurs liées à toute forme de changement, la question qui revient le plus souvent est celle du sens : Est-ce bien utile ? N'est-ce pas un nouveau gadget qui aura bientôt disparu ? Les réseaux sociaux... et alors ?
Alors, de même que le télégraphe a été l'un des facteurs clés de la
Révolution Industrielle, comme nous le rappelle Tom Standage dans son
ouvrage "The Victorian Internet",
les réseaux sociaux annoncent une nouvelle révolution. Car au lieu de
recevoir le signal du changement six mois après qu'il ait été émis par
un journaliste ou un écrivain, nous le reçevons six minutes après,
directement sur notre téléphone mobile.
Au lieu de le recevoir passivement comme par la radio ou la télévision,
nous le rediffusons à notre tour, nous l'apprécions (ou non) et nous le
commentons en rajoutant notre pierre à son édifice, à la fois créateurs de contenu et créateurs de liens.
Enfin et surtout, au lieu d'être intelligent à deux nous sommes dorénavant intelligent à deux cents dans un vaste brainstorming sans interruption de distance ou de temps. Et ces deux cents ne sont pas n'importe qui. Ils sont tous ceux que nous avons rencontrés et choisi de conserver sur notre parcours, tous ceux qui ont compté pour nous, quelle qu'en soit la raison.
Parents, camarades, collègues, partenaires de sport ou de jeu,
rencontres d'un soir ou amis d'enfance, les réseaux sociaux semblent
n'avoir aucune limite dans la population qu'ils brassent. Il est certes
possible (et utile) d'y distinguer des groupes pour personnaliser les
informations partagées. Mais il est fréquent d'y retrouver une même information, qui sera ensuite interprêtée par chacun selon sa relation avec nous, son humeur ou ses attentes que nous ne pouvons pas anticiper.
Si le dialogue est toujours présent, une nouvelle forme d'interaction
apparaît donc, non plus entre deux personnes comme la dialectique des
philosophes grecs mais entre un vaste nombre de personnes dans une
"omnilectique" propre à notre époque. C'est d'ailleurs cette formidable
interaction collective que canalise Nathalie Dupuis-Hepner, en charge du partage des connaissance entre 144 000 consultants au sein d'Ernst & Young.
Alors s'il est vrai qu'aucun d'entre nous n'est aussi intelligent que l'ensemble d'entre nous, les réseaux sociaux sont peut-être notre première véritable chance de construire une intelligence collective à l'échelle de la planète. Et peut-être juste à temps...
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